Students Without Borders is a WUSC and CECI program that enables Canadian university and college students to participate in exciting, volunteer learning opportunities in South America, Africa, and Asia.

Une étoile de mer à la fois…

February 5, 2013

With less than a month to go before returning to Canada, I thought it would be a good idea to put aside descriptions of my own adventures in Lima to present to you some of the kids I have had the opportunity to work with over the last 5 months. Their testimonies, I hope, will pay justice to the importance of the work undertaken by the group homes and the importance of supporting such initiatives. Most importantly, I hope that they will help support my own belief in the merit of international training in clinical psychology. I cannot cease to emphasize the significance of what I have learned so far in this practicum placement and only hope that this experience, along with the testimonies of past beneficiaries, will entice other students to follow in my footsteps.

The children I have had the opportunity to work with, both boys and girls between the ages of 9 and 19 years of age, arrived at the group homes for various reasons. Unlike CEDRO’s main mandate to work towards the prevention of drug abuse, few of the children arrived at the homes with a known history of drug use; let alone addiction. Instead, most have been the victim of violence, abuse or neglect on the part of family members and caregivers, or have a history of missing school and loitering in the street. The average stay in the homes is between 1 to 2 years but some stay much longer due to a lack of adequate resources (e.g. lodging, food, educational opportunities, etc.) and continuing safety concerns (e.g. drug and/or alcohol abuse) within the family. Through a series of workshops, individual and group therapy, social activities, and much more, the group homes aim to provide their residents with growth opportunities, value building, and behavior modification in preparation for their reinsertion in society. Providing continued educational opportunities (primary and secondary school) and helping older children in acquiring advanced training in an area of their choice (e.g. cosmetology, bakery, mechanics, etc.) is one of the houses priorities.

 

Below are the stories of two past residents of the homes… Their testimonies continue to reflect the reality of so many of the homes’ current residents.

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DSC03307« Mon nom est Suzana (nom fictif), j’ai 17 ans et je vie dans la Maison Santa Maria de CEDRO depuis 7 ans. Je désire vous raconter l’histoire de ma vie. Avant d’arriver à la maison d’accueil de CEDRO, je vivais avec ma mère dans la rue et plus précisément dans les alentours d’une place publique de Lima qui s’appelle Manco Capac. Ce n’est pas facile, pour moi, de vous raconter tout cela. Un jour, mes parents se sont séparés et ma mère a commencé à se prostituer pour survivre et pour nous donner quelque chose à manger. Nous n’avions pas de maison où nous pouvions vivre, raison pour laquelle nous nous déplacions tous les jours d’un lieu à l’autre. C’est dans ces conditions de vie que ma sœur Ana, qui vivait avec nous, a commencé à inhaler de la colle et à fréquenter d’autres enfants qui vivaient dans la rue et qui étaient organisés en petites bandes.

 

Un jour, ma sœur a été approchée par un éducateur de la rue du CEDRO qui l’a amenée à la  Maison Santa Maria. Moi, je la visitais de temps en temps, mais je n’avais pas l’intention d’aller vivre dans ce lieu. Jusqu’à ce que la responsable de la Maison, en me voyant très sale et en sachant que je dormais dans la rue, m’a proposé de rester. Je ne savais pas quoi faire : la Maison ou la rue? J’ai finalement décidé de rester pour être près de ma sœur et pour voir ce que je pouvais faire de ma vie. Je n’avais rien à perdre.

 

Depuis lors, 7 ans se sont écoulés et je suis très contente d’avoir pris la bonne décision. La Maison et CEDRO m’ont vraiment beaucoup aidée. Par exemple, j’ai eu l’occasion de travailler dans un kiosque et ainsi d’épargner une petite somme d’argent. Avec cette dernière, je vais m’acheter une armoire, un lit et quelques vêtements en vue de ma sortie de la maison d’accueil. Je vais bientôt aller vivre toute seule, puisque aucun de mes parents ne peut s’occuper de moi.

 

L’année passé, j’ai eu l’opportunité d’étudier les arts graphiques dans un bon institut professionnel de Lima. […] J’ai très bien terminé mes études et suis maintenant capable de réaliser plusieurs travaux, comme la restauration de livres anciens. Je sais qu’il va être difficile de trouver du travail dans ce domaine, mais je vais y arriver. Pour avoir de meilleures chances, j’aimerais continuer mes études et me spécialiser. […]

 

En décembre de cette année, je vais terminer l’école secondaire et je fêterai mes 18 ans. À ce moment là, je quitterai la maison d’accueil pour aller vivre toute seule. Je dois dire que l’idée d’abandonner le lieu que je considère désormais comme ma Maison et les personnes qui sont devenues ma Famille, me fait peur. Mais je suis sûre d’avoir les moyens de mener une vie digne. Cela n’aurait pas été possible sans l’appui des éducateurs du CEDRO […] que je remercie de tout cœur pour son appui. »

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DSC03345« Je m’appelle Rafael (nom fictif). J’ai 16 ans. […] En vérité, je ne trouve pas les mots qu’il faut. Depuis que j’ai commencé à étudier [la cuisine internationale] auprès de l’institut Sky Master, ma vie a changée. […] Je pense qu’un jour, lorsque je serai adulte, […] moi aussi je viendrai en aide aux personnes qui en ont besoin. Mais pour cela, il faut beaucoup d’argent. Mais comme je fais maintenant cet apprentissage, je vais pourvoir travailler et gagner assez d’argent.

 

[…] À quatre ans, mes parents sont morts et je suis resté seul avec une personne étrangère qui s’est occupé de moi jusqu’à mes six ans. Puis, j’ai vécu chez d’autres personnes mais comme je ne parvenais pas à m’y habituer, je suis parti. À partir de 8 ans, j’ai travaillé dans les champs de café et ainsi passait le temps. Mais je n’ai pas pu étudier parce que les gens ne m’en ont pas donné la possibilité.

 

J’avais des frères et des oncles mais ceux-ci ne s’intéressaient pas à moi. Que pouvais-je faire, sinon m’éloigner d’eux. Je suis originaire d’une région centrale du Pérou située dans le département de Junin. Je suis parti dans le département de Arequipa pour travailler. Dans une école, on m’a permis d’être scolarisé pendant deux ans. Mais c’est triste de vivre seul sans famille et ne pas connaître son père, sa mère et ses frères. J’ai continué à vivre ainsi en espérant qu’un jour une opportunité s’offrirait à moi. […] Je pensais toujours avoir une fois la possibilité de me former.

 

Un jour de fête dans le département de Arequipa, durant le mois d’août, on m’a donné congé pour aller en ville. Là-bas, je me suis présenté dans une entreprise de construction de voitures en demandant s’ils avaient du travail comme aide mécanicien. Comme cette entreprise était située à Lima, je suis parti avec eux. Quand je suis arrivé à Lima, j’ai été refusé dans l’entreprise parce que je n’avais pas de maison et parce que j’étais mineur. Je me suis donc retrouvé à la rue. Je n’avais pas de famille. J’avais un peu d’argent et j’ai ainsi pu louer une chambre. J’ai commencé à vendre des bonbons dans la rue mais je ne gagnais pas beaucoup d’argent. J’ai alors trouvé un emploi dans un restaurant. Je travaillais de nombreuses heures, de 7 heures du matin à minuit. J’étais très fatigué et j’ai quitté ce travail. Ensuite, j’ai commencé à cirer des chaussures dans la rue et, un jour, alors que je me trouvais assis sur une place, un Monsieur s’est approché de moi et m’a demandé si je voulais vivre dans une maison où je recevrais le soutien nécessaire pour étudier.

 

Et cela fut l’opportunité que j’attendais depuis si longtemps. Mon rêve est devenu réalité. C’était en 1999. À CEDRO, j’ai connu Juan l’éducateur, Manolo et beaucoup d’autres personnes. Maintenant j’ai 16 ans. J’ai une profession. Je suis diplômé en tant que chef de cuisine internationale […].

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Small glimpses of the harsh reality of life under the poverty line in Peru… Modern temptations are numerous in Lima and many families leave the countryside in the hopes of finding better opportunities in the big city. Children miss school to seek entertainment in Internet parlors and arcades. Girls are sold to neighbors and extended family members under the promise of good educational opportunities in exchange for domestic help. Small boys are left in bus terminals by parents travelling from Chile to Venezuela… Every day I meet mothers with their young children on their backs selling candy on the streets, teenagers under the effects of cocaine and Terokal (a strong glue that many children living on the streets inhale) washing car windows at big intersections, and children under 10 years of age singing Cumbia classics (traditional Peruvian music) on public buses in order to bring home a few soles to help pay for their daily necessities. Not all children can be saved. Child workers will remain (some even by choice), children will escape the group homes to returns to the streets they have always known. But for the many who do change their lives, go to university, find good jobs, and reunite with their families, for them and for the hopes of others to come, every bit of my work counts.

 

Moins d’un mois avant mon retour au Canada, je ne peux m’imaginer repartir devant tout le travail qui peut encore être fait. Un grain de sel dans une mer entière de vastes opportunités… Mais je me réjouie de savoir « qu’une étoile de mer à la fois », j’ai pu aider ces quelques enfants qui s’étaient, je l’espère, temporairement échoués sur la plage (voir http://mon-coaching.com/2011/11/01/histoire-l%E2%80%99enfant-le-sage-et-les-etoiles-de-mer/).

1 Comment

  1. Mado Lanthier on February 6, 2013 at 8:56 am

    Bonjour Annie,

    quelle joie de te lire et de pouvoir aussi lire les beaux témoignages de Rafaël et Suzana. Je vais les porter dans mes prières et je suis certaine qu’avec une telle volonté, ils vont réussir leurs projets! Dis-leur de ma part de ne pas arrêter de rêver à ce qu’ils pourront vivre car ce sont les rêves qui font que nous nous réalisons dans la vie! Merci de ce que tu as fait et été pour eux tous. Que ces derniers jours de stage te comble de bonheur et même si tu dois y laisser quelques larmes dis-toi que ces larmes sont dûes à ta grande implication. Bonne fin de stage
    Nous t’aimons et apprécions la jeune que tu es

    Oncle Roger et Tante Mado