Students Without Borders is a WUSC and CECI program that enables Canadian university and college students to participate in exciting, volunteer learning opportunities in South America, Africa, and Asia.

Plus que 5 semaines, déjà!

November 12, 2013

Il reste à peine plus d’un mois à mon mandat. Le travail que je suis venue faire ici arrive à un point charnière. En effet, après une vingtaine d’entretiens individuels, neuf semaines de consultation des bénéficiaires sur le terrain et deux ateliers participatifs, nous voilà avec un diagnostic organisationnel complété. Autrement dit, le plus dur est fait.

Samedi dernier, la journée commence par un échange sur le diagnostic provisoire. Politesse sénégalaise, tout le monde débute son intervention en me félicitant pour le travail accompli. Mais arrivé à la cinquième personne, c’est différent. Son premier commentaire est précisément celui que j’espérais : Mon collègue se dit surpris que mon rapport ne comporte pas de recommandations à la fin. Et, à ce moment précis, je souris. Mieux encore, un autre collègue lui répond que c’est parce que ce n’est pas à moi de dégager des recommandations, mais à eux, les membres du bureau. Mon sourire s’élargit. Il avait tout compris. C’était un des objectifs de cet atelier : s’entendre sur une version finale du diagnostic et ensemble cibler les priorités. Alors qu’on me donne la parole, je m’explique simplement : Ma venue au sein du COGAPO n’est pas en tant que consultante experte, mais en tant que coopérante conseillère. Je n’ai pas toutes les solutions, je suis une accompagnatrice. Les applaudissements rugissent dans la salle. J’ai presque envie de pleurer. Car je sens bien que j’ai réussi ce que je voulais.

C’est la différence entre le milieu des affaires et celui de la coopération. Je ne suis pas là longtemps et je veux que mes collègues apprennent autant que moi pendant trois mois. Je fais un travail très administratif, je ne creuse pas de puits, je ne construis pas d’écoles dans la brousse. J’aide les acteurs de développement local à prendre conscience de leurs capacités et les renforcer. C’est pourquoi je m’efforce vraiment que chaque élément sorte de leur bouche. Je me fais animatrice et récapitulatrice. J’arrive avec mes outils, mais c’est eux qui connaissent le milieu. Je sais que seule ma présence et mes questions ont soulevé beaucoup de questionnements à l’interne et permis de remobiliser une organisation qui avait de la difficulté à se remettre de la fin de son ancien programme.

Les gens que j’appuie sont tous bénévoles. Il n’y a pas un sous dans les caisses du COGAPO. Ils donnent de leur temps, parfois de leur argent personnel pour porter à bout de bras la vision qui les rassemble. C’est très inspirant de voir des professionnels se sacrifier autant pour le développement de leur commune. Et c’est parce qu’ils sont si motivés qu’ils s’engagent dans le processus que je leur propose. Alors, je suis satisfaite quand je constate qu’ils s’approprient le travail qu’on est en train d’effectuer. Ce n’est pas mon travail, c’est le leur et c’est important qu’il en soit ainsi pour que cela continue après mon départ; pour que le temps que j’ai passé ici ait de la valeur.

1 Comment

  1. Chloé on November 12, 2013 at 3:59 pm

    Bravo Judy! Tu es un très bel exemple de coopérante!