Students Without Borders is a WUSC and CECI program that enables Canadian university and college students to participate in exciting, volunteer learning opportunities in South America, Africa, and Asia.

La lenteur du travail péruvien et l’histoire des boletines

March 28, 2015

Bonjour aux lecteurs et lectrices,

Je pars du Pérou très bientôt, et je suis stressée à l’idée de ne pas avoir pu terminé exactement tout ce que j’aurais voulu faire. Je m’étais pourtant planifiée une quantité de tâches que j’ai jugé suffisante pour le temps qu’il me restait au pays, selon le rythme de travail que j’aurais suivi au Canada.

En effet, je n’ai pas pu intégrer mon lieu de travail avant le mois de février même si je suis arrivée en Janvier, puisqu’il eut des élections pour trouver une nouvelle directrice à mon organisation et du coup, tout le monde a eu 1 mois de vacances. À quoi aurait-il servi d’aller au bureau si tout le monde était absent?

Quand je suis enfin entrée au travail, j’ai pensé que tout ce que je planifiais pour les mois restants allait être si intéressant que ça compenserait sûrement pour les quatre semaines de perdues. Et surtout, que si je travaillais très fort, je pourrais réussir à en faire plus que le nécessaire et à en avoir travaillé l’équivalent.

Malheureusement, tout ne s’est pas passé comme prévu. Mon travail dépendait de celui des autres, et vice versa, et d’éléments extérieurs sur lesquels nous n’avons aucun contrôle.

Je devais écrire des bulletins d’informations en panflets, appelés boletines, un destiné à des travailleuses de l’agroexportation dans à Piura et Paramonga et un autre destiné aux jeunes du Nord de Lima. Nous devions les distribuer il y a de cela 3 semaines, mais le voyage que nous devions faire à Paramonga a été annulé, puis on m’a dit que son contenu était mauvais, il a été révisé, ré-réviser, deux personnes me recommandaient un contenu contradictoire, ma chef me demandait de mettre des informations impossibles à confirmer, ça a pris une semaine pour trouver l’argent pour les imprimer… et finalement, il n’y a de cela que 2 jours, j’ai cru enfin pouvoir les distribuer à Piura, mais non, on les avaient oubliés… Bref, par manque de temps, de coordination, de matériaux, de communication, une tâche que j’aurais évaluée possible de terminer en 1 semaine a pris un total d’un mois à compléter…

Ici au Pérou, j’ai l’impression que les gens, dont mes collègues de travail, ne divisent pas le temps et les tâches qu’il leur reste à faire de la même manière que moi. Personellement, j’essaie de me donner des dates et heures limites et de me diviser mes tâches en petits morceaux selon le temps qu’il reste, en me laissant un peu “de jeu” pour les imprévus. Mais pour beaucoup de gens ici, c’est complètement normal d’arriver une heure en retard à une réunion (dont on est le leader), par exemple, ou normal de répondre à un email jugé vital en deux jours.

Il y a peu de temps, j’essayais de me convaincre que je pourrais terminer les autres tâches en rattrapant mon retard en travaillant en soirée et durant les fin de semaines. J’ai réussi à en faire beaucoup, mais j’ai enfin réalisé que ce ne sera pas possible. Il ne reste qu’à prioriser ce qu’il me reste à faire pour laisser ce qui sera le plus durable et le plus utile possible pour mon organisation…

Je ne crois pas qu’à le refaire, je me serais prévu moins de choses à faire, mais j’aurais défénitivement poussé un peu plus pour pouvoir terminer les choses en temps… et surtout, j’aurais baissé un peu mes attentes envers moi-même et mon entourage, de façon à ne pas être déçue!