Students Without Borders is a WUSC and CECI program that enables Canadian university and college students to participate in exciting, volunteer learning opportunities in South America, Africa, and Asia.

1/3 de mon mandat complété au pays de la Téranga : Sénégal

March 1, 2016

Mon nom est Maxime Dubé et je finalise mon baccalauréat en administration des affaires à l’Université Laval, profil Développement international et action humanitaire. J’ai fait une technique en assurance et services financiers, j’ai plus de 6 ans d’expérience à La Capitale assurances et je suis passionnée par tout ce qui touche à la gestion de projets.

Grâce au programme UNITERRA, j’ai la chance de réaliser un stage qui a débuté en janvier 2016 et qui se poursuivra jusqu’au mois de mai prochain au Sénégal.  Ce stage me permettra de compléter mes études et d’acquérir une expérience unique qui s’insère dans une démarche personnelle et professionnelle où l’adaptation, la créativité et la débrouillardise doivent prévaloir.

Mes objectifs étaient de découvrir les réalités du terrain, de plonger dans un nouveau domaine qui me tient à coeur, soit l’environnement, m’épanouir et apporter une modeste contribution, tout en souhaitant que cela puisse rapporter un jour aux futures générations.

Mon mandat de conseillère en développement durable est un défi de grande taille étant donné mes connaissances dans ce domaine.  Ce qui m’aide à le relever, c’est ce besoin de voir si je peux contribuer d’une certaine façon à apporter ma part. L’environnement et le bien être des êtres vivants me tiennent à cœur,  donc ce que je fais me passionne au plus haut point.

Mon travail chez ALPHADEV est des plus motivant et le personnel qui m’entoure est vraiment chaleureux et font en sorte que je me sente à part entière de l’équipe. Chaque midi nous dînons ensemble, assis par terre autour d’un immense plat et nous mangeons avec une cuillère ou parfois avec nos mains.  Mon homologue est d’une disponibilité sans bornes et ensemble, nous avons déjà organisé deux ateliers de partage réunissant près de 20 personnes dont les responsables de la commission Environnement, les organismes locales ainsi que les acteurs qui jouent un rôle dans la gestion des déchets dans les zones de Yeumbeul Sud et Malika.

Nous souhaitons ensemble, développer des outils et doter les Commissions Environnement dans quatre communes, de plans d’action opérationnels pour améliorer la gestion des déchets. Puisque la communauté est le véritable porteur du projet, les ateliers nous permettent d’échanger et d’analyser les problèmes liés à la gestion des déchets dans chaque commune, les solutions à apporter, les actions à mener, les acteurs concernés, etc.  Ici, il n’y a aucun endroit ou contenant dans les rues pour y déposer les vidanges et les camions d’ordures passent seulement sur les artères principales et ce, de façon sporadique.  C’est uniquement au son de leur klaxon que les gens sont avisés d’apporter leurs déchets domestiques jusqu’au camion. Il est désolant de constater qu’une bonne partie de la population se débarrassent de leurs déchets dans des maisons abandonnées ou encore, dans la nature car la collecte est inadéquate. Il y a des charretiers (secteur informel) qui passent dans quelques rues sablonnées et qui récoltent les déchets des gens qui payent un montant par mois mais ils déversent le tout dans la nature.

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Il n’y a aucune valorisation des déchets et il n’y a pas non plus de politiques internes pour préserver la décharge de Mbeubeuss qui se situe dans la commune ou je demeure et qui reçoit près de 2 400 tonnes de déchets quotidiennement. Une quantité importante de déchets n’y est pas triée et il n’y a aucune retombée financière pour chacune des communes par rapport aux déchets et aux matériaux récupérés par les gens qui demeurent dans la décharge. Il est désolant de constater qu’une bonne partie de la population se débarrassent de leurs déchets dans des maisons abandonnées ou encore, dans la nature car le respect de l’environnement ne fait pas partie de leur culture. Le sol est inondé de déchets qui nuisent à l’environnement et à la santé de tous (surtout lors des inondations).

Cette semaine, nous animerons deux autres ateliers à Yeumbeul Nord et Keur Massar et je peux vous assurer que ces expériences me permettent de développer jour après jour certaines compétences.  Je suis confrontée à de nouvelles visions, croyances, coutumes, hiérarchies, et bien plus. C’est enrichissant pour moi et ce, à plusieurs niveaux.

Atelier Keur Massar

Je demeure en banlieue donc cela me permet de réellement vivre la culture sénégalaise car ce n’est pas une région touristique. À chaque semaine j’ai la chance de partager un repas dans des familles différentes, donc j’apprends énormément d’eux et je vis des moments mémorables. J’habite seule dans un appartement qui est dans le même bâtiment que mon travail, donc c’est vraiment parfait. Il n’y a juste pas de four, pas d’eau chaude, pas de micro-onde, pas de grille-pain et pas de laveuse… exactement  l’aventure que je recherchais!

À Malika, il y a des moutons et des chevaux un peu partout ainsi que des stands de fruits et légumes. Les gens sont vraiment sympathiques et accueillants.  Ils me font sentir tellement importante et j’y suis accueillie comme une reine. Tous les gens se saluent et même les enfants viennent me serrer la main.  C’est inexplicable la gentillesse au quotidien que je reçois d’une si grande quantité de personnes.

La religion musulmane est très présente et la plupart des gens prient 5 fois par jour. C’est une belle religion et je trouve que les gens ont des valeurs familiales incroyables. J’ai souvent des discussions avec les femmes et j’apprends beaucoup sur leur réalité. Saviez-vous que les hommes peuvent avoir jusqu’à 4 femmes? Les différences de cultures nous font comprendre beaucoup de choses.

À ma grande surprise, les gens ne parlent pas tous le français, donc dans mes temps libres, j’apprends la langue wolof en échangeant avec eux. D’autres part, je suis un cours en ligne de l’Université Laval sur le développement durable, je cours sur la plage avec un ami sénégalais et je lis beaucoup.  J’ai eu la chance de visiter l’île de Gorée et le Lac rose : WOW!  Je consacre beaucoup de temps dans mes relations amicales sénégalaises, j’apprends à cuisiner leurs plats et bien entendu j’engraisse car tous les gens me disent : « mange, mange! ».

Bref, j’apprécie énormément mon expérience SWB et je comprends vraiment le sens de pays de la Téranga = pays de l’hospitalité!

À suivre pour la gestion des déchets …

Maxime Dubé, Malika